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"Je voulais d'un boulot qui fasse sens"

16 mai 2022 Portraits / Podcasts

Pouvez-vous nous présenter votre parcours étudiant à TBS Education ?

 

D’origine toulousaine, j’ai été diplômée de Sup de Co en 1998. Au préalable, j’avais effectué une classe préparatoire qui m'a permis de passer les concours au bout d'un an. En dernière année, j’avais choisi la spécialisation marketing management des activités de service. J’ai  hésité à faire ma troisième année à l'étranger, aux Etats-Unis. J’avais d’ailleurs passé tous les examens d’anglais mais finalement c’est Toulouse qui m’a retenue. Aujourd’hui, même si je suis maintenant à Paris, je garde de bons souvenirs de Toulouse et de Sup de Co. Ces études m’ont épanoui intellectuellement, toutes les matières me plaisaient, j'avais un faible pour le marketing. Malgré tout, je ne parvenais pas à me projeter dans une grande entreprise ou un grand groupe, ou pour tous les postes sur lesquels j'allais postuler à Paris ! Pour moi cela ne me correspondait pas, j’avais envie de bouger, de trouver le métier qui me ferait vibrer. On peut presque dire que la fin de mes études à Sup de Co marque le début de ma crise existentielle : je ne voulais pas seulement gagner ma vie, mais avoir une vie professionnelle qui fait sens.

 

 

Qu’en est-il de la suite de votre parcours atypique ?

 

Ainsi, après Sup de Co, je m’étais renseignée sur la marine avec le souhait d’embarquer sur un porte avions mais ce n’était pas possible car j’étais une femme… Ecrire m’a toujours plu, j’ai toujours été curieuse avec le goût d’apprendre de nouvelles choses. J’ai donc été journaliste à la Dépêche du Midi après l’obtention de mon diplôme.

 

Puis, peu de temps après, j’ai repensé à l’armée de Terre qui représentait pour moi un environnement avec un fort esprit collectif. De plus, avec la suspension du service national, l’armée recrutait des officiers sous contrat afin de remplacer les appelés. J’ai donc décidé de faire mon service avec un métier de soutien au sein du 7e Bataillon de Chasseurs Alpins à Bourg-Saint-Maurice. J'ai d'abord effectué mes classes pendant un mois à Saint-Cyr en Bretagne afin d'acquérir les connaissances de base du métier de militaire, même si j'occupais une fonction civile. J’étais chargée de la communication du régiment qui était constitué d’environ 1 000 personnes. Je m’occupais de la communication interne, externe, des relations presses et publiques ainsi que la communication de recrutement.

 

Par la suite, j’ai été 4 ans journaliste pour l’armée de Terre à Paris. Je couvrais l’actualité des régiments en France lors des manœuvres, dans les camps ou sur des sujets particuliers comme les métiers plus extrêmes. J’ai également suivi des militaires dans le cadre d’opérations extérieures (Afghanistan, Kosovo, Bosnie, Tchad…). A mes yeux, cette période représente mes plus belles années, j’écrivais, je faisais du journalisme, je rencontrais des nouvelles personnes, j’apprenais ainsi de nouvelles choses, surtout sur la culture des troupes, et c’était très riche humainement. A ce moment-là, ma vie avait trouvé son sens. Les personnes autour de moi étaient là pour servir et moi j’avais le sentiment d’être utile.

 

A cette époque, j’étais 200 jours par an à l’étranger et j’ai eu envie d’une situation plus stable, de trouver un poste plus sédentaire qui relevait davantage de ma formation académique. J’ai donc été chargée des campagnes de publicité de recrutement de l’armée de terre qui cherchait 15 000 hommes par an. J'organisais le dialogue compétitif avec les différentes agences, je pilotais la création et la mise en œuvre de la campagne (réalisation du spot TV, achat d'espace publicitaire, lancement). Ensuite, j’ai piloté des équipes de recherche de partenariats pour aide au placement d’anciens militaires. Cela permettait d’aider les militaires en réinsertion professionnelle. Au total, je suis restée dans l’armée 12 ans, mes contrats étaient à chaque fois renouvelés. A l'issue, j'ai quitté le treillis pour rejoindre la fonction publique au sein du ministère des solidarités et droits des femmes, actuel ministère de la santé. Je menais des campagnes publiques et publicitaires sur divers sujets tels que l’IVG, l’autisme, les médicaments génériques en collaboration avec l’Assurance Maladie ainsi que des campagnes d’information ou de sensibilisation que ce soit sur le web, les réseaux sociaux ou par l’affichage.

 

En parallèle de ma carrière dans l’armée, je n’ai jamais cessé de peindre et de dessiner. Lorsque j’étais à Paris en charge des campagnes de publicité pour le recrutement militaire, j’ai effectué une licence d’arts plastiques à la Sorbonne et j’assistais à des cours du soir de sculpture aux ateliers des Beaux-Arts de la ville de Paris. Après 3 ans de formation diplômante à l’Atelier du Temps Passé à Paris, j’ai obtenu mon diplôme de conservatrice-restauratrice de tableaux. Pour moi, ça a été une opportunité de vie, à la fois rigoureuse et artistique, ce nouveau métier alliait ces deux dimensions à travers l'étude, le diagnostic, la réflexion sur le traitement et sa mise en œuvre, que ce soit au niveau conservatif ou esthétique. Aujourd’hui, ce métier m’épanouit complétement, il concilie rigueur, curiosité scientifique et sensibilité artistique, c’est aussi un métier manuel où l’on peut rapidement observer l’impact de nos actions. Ce contact avec l’œuvre m’apporte une grande satisfaction.  

 

 

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

 

Je suis installée à Paris dans un atelier, aux côtés d’une restauratrice plus expérimentée. Je restaure des tableaux qui ont souffert, qui sont troués, déchirés ou lorsque la peinture s’est soulevée, l’œuvre s’est encrassée ou que le vernis oxydé altère sa lisibilité. Je participe également à des chantiers, comme des tableaux d'église dans le Cantal ou des peintures de très grands formats marouflées aux murs de la Faculté de pharmacie de Paris.

En fait je suis un peu comme un docteur des tableaux, je les prends en charge, j’établis un diagnostic, j’effectue des tests et mets en place un traitement pour réparer l’altération d’une peinture. J’ai à cœur de respecter les principes déontologiques, j’utilise les produits les moins toxiques pour l'Homme et les plus respectueux du tableau. Il faut savoir que derrière le souhait de faire restaurer une œuvre, mes clients ont en réalité deux objectifs : l’aspect esthétique et l’aspect conservatif. Chaque œuvre raconte une histoire et c’est avec respect que je les restaure. A la fin de mes études, je voulais faire un boulot qui fasse sens, j'ai eu de la chance et des opportunités que j'ai saisies avec ténacité, jusqu'à aujourd'hui, où je m'épanouis pleinement dans cette passion pour l'art et le patrimoine, et leur sauvegarde.

 

Comment pouvons-nous contribuer à cet enthousiasme ?

 

Aujourd’hui, malgré une communication sur Instagram, j’ai besoin d’un site internet afin d’apporter davantage de visibilité à mon atelier. J’aimerais un site vitrine à la fois pédagogique et esthétique afin d’expliquer plus en détail la condition d’accueil et la prise en charge de chaque œuvre. Je souhaiterais que la prise de rendez-vous soit possible afin de faciliter mes relations clients.

 

Vous avez des compétences particulières en création de site web ? Aidez Garance dans la réalisation de son projet !

 

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